La nomination de Rafaël Kabengele : un tournant pour le secteur minier congolais ?
La nomination de Rafaël Kabengele à la tête de l'Inspection Générale des Mines (IGM-RDC) intervient dans un contexte de fortes attentes autour de la gouvernance minière en République démocratique du Congo. Longtemps considérée comme un organe stratégique structurellement affaibli, l'IGM est aujourd'hui appelée à jouer un rôle central dans l'assainissement, la transparence et la crédibilisation du secteur minier national.
Cette nomination marque-t-elle enfin le début de son opérationnalisation effective et la fin des pesanteurs institutionnelles ?
1. L'IGM-RDC : un organe clé longtemps marginalisé
Créée pour assurer le contrôle technique, environnemental, sécuritaire et économique des activités minières, l'Inspection Générale des Mines (IGM-RDC) dispose, sur le papier, de prérogatives déterminantes, notamment :
- l'inspection des exploitations minières industrielles et artisanales ;
- le contrôle du respect des obligations légales et contractuelles ;
- la vérification du respect des normes de sécurité et des exigences environnementales ;
- l'appui à la lutte contre la fraude, la contrebande et l'évasion de la rente minière.
Dans les faits, l'IGM a longtemps souffert d'un sous-financement chronique, d'un déficit d'indépendance opérationnelle, d'un manque d'équipements modernes et, parfois, d'interférences politiques limitant son efficacité.
Cette faiblesse structurelle a contribué à la persistance de pratiques illicites, à l'insécurité sur les sites miniers — notamment artisanaux — ainsi qu'à la faible crédibilité des mécanismes de contrôle de l'État.





