2.1. La Déclaration de Washington (2025) : un accord sécuritaire qui cache un pacte minier
Le 25 avril 2025, Washington a orchestré la signature d'un accord trilatéral entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Officiellement, cet accord vise à stabiliser la région des Grands Lacs, à mettre en place des mécanismes de coopération pour mettre fin aux violences et à favoriser la pacification.
Mais, en filigrane, la Déclaration de Washington poursuit un objectif à la fois géopolitique et géostratégique plus large : sécuriser l'accès américain aux minerais critiques congolais.
Les éléments évoqués dans les discussions ainsi que les propositions formulées par des acteurs influents, tels que l'Africa Business Council, incluent notamment :
- un accès privilégié pour les entreprises américaines aux sites miniers stratégiques ;
- la constitution et la gestion d'un stock stratégique de minerais destinés à alimenter les industries critiques ;
- la sécurisation des corridors d'exportation et des accès portuaires ;
- un soutien en matière de formation et d'équipement aux forces de sécurité congolaises, en contrepartie d'un accès prioritaire aux ressources minières.
Cette logique — « sécurité contre ressources » — n'est pas nouvelle en politique internationale. Toutefois, elle prend aujourd'hui une ampleur inédite en Afrique centrale.
2.2. L'ombre de la Chine : Washington veut freiner l'hégémonie minérale de Pékin
Depuis le début des années 2000, la Chine a tissé une présence particulièrement dense dans le secteur minier congolais grâce à des investissements massifs, des partenariats public-privé, des prises de participation et la réalisation d'infrastructures intégrées.
Les entreprises chinoises sont aujourd'hui présentes à toutes les étapes de la chaîne de valeur : exploration, extraction, transformation, transport et raffinage.
Pour Washington, laisser Pékin consolider cette position reviendrait à accepter une dépendance stratégique dont les conséquences dépassent largement le simple cadre économique.
L'objectif américain est donc de diversifier ses sources d'approvisionnement en minerais critiques et de limiter la capacité de la Chine à contrôler les chaînes d'approvisionnement stratégiques.





